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Interview de
Philippe Raynaud
Professeur des universités en philosophie politique (Paris II, EHESS et Sciences-Po)
1er fv 2007 - Philippe Raynaud explicite les caractéristiques des forces de l'extrême gauche en France pour 2007. Il revient sur l'histoire du PCF, sur le rassemblement antilibéral de 2005, sur les rapports de force entre partis d'extrême gauche, sur la question de la candidature unique... Par ailleurs, il estime que José Bové est le meilleur candidat pour l'extrême gauche.
 

La situation de l'extrême gauche pour la Présidentielle

Depuis quand l'extrême gauche a-t-elle émergé dans le paysage politique français ?

Depuis les
années qui
ont suivi '68

Probablement depuis les années qui ont suivi « 68 ». C'est d'ailleurs facilité par le mécanisme de l'élection présidentielle qui donne une tribune très favorable aux minorités politiques diverses. C'est en 1969 que l'on voit les premiers candidats de l'extrême gauche. C'est la première candidature d'Arlette Laguiller et celle, à l'époque, d'Alain Krivine pour la Ligue Communiste.

 

En 2002, on observe, probablement, le score le plus important de cette offre électorale (Résultats d'O. Besancenot et A. Laguiller ajoutés dépassent les 10% au premier tour). Ce score est probablement dû au fait que les partis de gauche, notamment le PS, n'avaient pas très bien maîtrisé l'offre. Je pense là au PS qui aurait donné un coup de pouce à Besancenot pour qu'il ait ses signatures en estimant, probablement, qu'un vote Besancenot ferait baisser le vote Laguiller. Force est de constater que ces deux votes se sont révélés cumulatifs.

 

Pour moi, si on m'avait demandé mon avis, j'aurais pu prévoir cela. De fait, la LCR (Ligue Communiste Révolutionnaire) et LO (Lutte Ouvrière) sont deux organisations, deux électorats, deux types de militants qui sont extrêmement différents. Le groupe d'Arlette Laguiller est un groupe fondamentalement ouvrier et ouvriériste qui cultive sa spécificité militante et qui s'adresse aux classes populaires profondes de la société française ; ce groupe est assez indifférent aux batailles culturelles diverses et peu favorable voire opposé à l'altermondialisme. LO a plutôt un électorat populaire, plutôt socialement en déclin, plutôt peu qualifié.

 

A l'inverse, la LCR d'Olivier Besancenot et son groupe ont toujours cherché à se lier aux mouvements sociaux les plus modernes. Les militants de la LCR ne sont pas spécialement d'origine ouvrière. Ils appartiennent davantage à la fonction publique ou au monde des travailleurs sociaux. L'électorat est plus jeune et plus diplômé. Ce sont plutôt des « diplômés déqualifiés » que des ouvriers en déclin.

 

Il était donc prévisible que ces deux candidats cumulent, d'une certaine manière, leurs résultats plutôt qu'ils ne s'annulent. Pourquoi ? C'est probablement parce que tous les électeurs de gauche avaient intériorisé l'idée que Lionel Jospin serait au deuxième tour et qu'ils se sont fait plaisir en votant autrement au premier. Ce qui a compté surtout pour le vote Besancenot mais en partie, aussi, pour le vote Laguiller. C'est à mon avis d'ailleurs l'une des données qui change dans la situation de 2007, c'est que 2002 ayant eu lieu, une bonne partie des électeurs de Besancenot et de Laguiller, en 2002, vont aller voter autrement et adopter plutôt une stratégie de « vote utile. »

Le vote extrême gauche est-il une spécificité française ?

Oui et non. C'est-à-dire, l'influence électorale de partis d'extrême gauche, la présence de partis d'extrême gauche ou de partis qui sont plus à gauche que la gauche traditionnelle, ce n'est pas une spécificité française. Aux Pays-Bas, aux dernières élections législatives de novembre 2006 on a vu une percée très importante de ce qu'on appelle « parti socialiste » qui est en fait un parti d'extrême gauche dont les militants sont plus ou moins d'origine maoïste. Mais, en même temps, c'est un parti très articulé sur certains secteurs de la société néerlandaise qui attire, comme souvent dans le cas des Pays-Bas, un vote d'aspect corporatiste.

 

En Allemagne, on a vu la naissance du Linkspartei comme effet de la grande coalition ce qui ne représente pas rien. Et dans lequel des gens comme Mélenchon, en France, se reconnaîtraient assez bien.

 

Ces nouveaux partis ont un espace qui est crée par le fait que les partis communistes sont en déclin d'un côté et que les partis socialistes jouent plus ou moins le jeu de ce qu'on appelle le libéralisme ou social libéralisme, de l'autre. Il y a donc un espace qui est dégagé sur la gauche, non seulement en Europe mais un peu partout. Prenons le cas du Brésil de Lula. Le mouvement de Lula avait intégré de grandes organisations d'extrême gauche comme notamment la section locale de l'internationale Trotskiste. Mais l'orientation qui a fini par être la sienne a provoqué une scission et la candidate de la dissidence d'extrême gauche, Heloisa Helena du Parti pour le socialisme et la liberté, a obtenu près de 7%. Ce n'est pas énorme comme résultat mais dans un pays comme le Brésil, cela représente plusieurs millions de personnes.

 

Il y a donc des données qui sont présentes un peu partout dans le monde. Ce qui est spécifique en France, selon moi, ce n'est pas tant l'influence électorale que les échos profonds de ces courants dans le système politique et dans le paysage idéologique français où on a bien affaire, me semble-t-il, à une influence de nature singulière. Celle-ci est due au fait que la France, pour des raisons diverses, n'a pas très bien vécu la modernisation libérale ce qui fait que dans des pays comme la France, on trouve des thèmes de la gauche radicale à la fois dans la gauche modérée et même dans une partie de la droite. Ainsi, Jacques Chirac est l'un des chefs d'Etat occidentaux qui fait le plus de signes positifs dans cette direction y compris en affichant une certaine sympathie pour Hugo Chavez, ce qui n'est pas très fréquent.

 

L'extrême gauche
a une capacité
de blocage

L'extrême gauche française exerce donc une certaine capacité à pouvoir peser sur certaines décisions. Elle a, dans une certaine mesure, une capacité de blocage.

Quelles sont les spécificités géographiques du vote d'extrême gauche ?

J'ai envie de dire que la géographie du vote d'extrême gauche est sensiblement la même que celle des autres votes de gauche.

Depuis le rassemblement antilibéral de 2005, la division de l'extrême gauche ne cesse de se faire ressentir, qui sont les responsables de ces divisions ?

J'aborderais la question sous un angle différent. J'ai parlé dans mon livre (L'Extrême Gauche plurielle : Entre démocratie radicale et révolution, Autrement, coll. « Frontières », Paris, 2006) de l'hétérogénéité profonde entre ces courants à la fois dans leurs relations historiques, leurs types d'organisation, leurs idéologies. Ce qui serait surprenant c'est qu'il y ait une unité. La division, d'une certaine manière est naturelle.

 

Ce qui a pu produire l'idée d'une unité c'est justement le fameux rassemblement antilibéral de 2005 où les militants ce sont dits que puisque le peuple français votait « non » à la Constitution européenne supposée libérale ou ultralibérale, cela ouvrait un boulevard devant eux. Ça n'était pas totalement absurde comme calcul dans la mesure où le « non » l'a emporté grâce au « non » de gauche qui a été très important et qui s'est érigé contre les voix officielles du parti socialiste.

 

Inversement, ça ne veut pas dire pour autant que tous les électeurs, même de gauche, qui ont voté « non » à la Constitution européenne en 2005 sont disponibles pour devenir des électeurs réguliers ou même des militants d'une gauche de gauche très différente de ce qu'elle est. D'une part, parce qu'il y a aussi une partie du vote de 2005 de droite et d'extrême de droite qu'on ne peut agglomérer dans le vote de gauche. D'autre part, parce que ça n'empêche pas tous les gens qui ont voté « non » d'avoir des intérêts d'appareil ou des visions stratégiques différentes.

 

M.-G. Buffet était
la 1ère à parler
d’une candidature unique

En 2005, il y avait pour la gauche radicale une fenêtre d'opportunité qui s'était ouverte et qui aurait pu être saisie. C'est ce qu'avait compris de manière assez audacieuse Marie-George Buffet et qui, à l'époque, était la première à parler d'une candidature unique des antilibéraux et allait même jusqu'à annoncer le nom de José Bové. Je vois très bien le calcul sur lequel cette entente reposait, à savoir, du point de vue du Parti Communiste, une candidature unitaire de l'extrême gauche aurait permis de dissimuler la faiblesse du PC et en même temps de redéfinir son poids par rapport au PS.

L'élection présidentielle est centrée sur des questions de personnes. N'est-ce pas là l'une des clés d'explication de ces divisions ?

J'ai toujours pensé que la LCR ne jouerait pas la carte d'une candidature unique antilibérale parce que cette candidature n'aurait pas pu être celle d'Olivier Besancenot. Si Olivier Besancenot n'était pas ce candidat alors l'organisation LCR risquait de se perdre dans une configuration plus large où ses spécificités n'apparaîtraient plus.

 

Ce n'est pas forcément grave pour une organisation de faire ça mais la LCR est un groupe qui est, aujourd'hui, un peu à la croisée des chemins. L'identité trotskiste traditionnelle est un peu affaiblie par des revendications internes mais cela reste une mouvance marxiste révolutionnaire avec des forces centrifuges très importantes. L'engagement massif dans une candidature unique altermondialiste risquait de faire apparaître ces divisions et de développer ces forces centrifuges. L'intérêt, du point de vue de la permanence de l'organisation n'était pas de s'engager dans une campagne unique. Si, au contraire, l'organisation avait été plus soudée, ils auraient pu faire une campagne unitaire sans perdre son identité.

Le PCF est un parti de gouvernement contrairement aux autres. Quelles ont été ses motivations pour se rapprocher des autres mouvances de l'extrême gauche ?

Effectivement, le PCF est un parti de gouvernement. Si on cherche ce qui fait l'unité de l'extrême gauche plurielle c'est justement que ce ne sont pas des partis gouvernementaux. Il y a deux points d'unité : le discours antilibéral et le fait que pour l'instant, ils ne sont pas engagés dans des stratégies gouvernementales.

 

Si on fait un schéma de ces organisations, certains pensent comme le philosophe John Holloway qu'il « faut changer le monde sans prendre le pouvoir ». L'essentiel reste le travail à la base et la construction d'autre chose beaucoup plus que la participation à un gouvernement. Par ailleurs, il y a les trotskistes qui pensent que pour changer le monde il faut prendre le pouvoir mais que pour prendre le pouvoir, il ne faut pas s'engager dans une alliance qui serait une alliance avec le PS, lequel ne suivrait pas un programme de transformation radicale.

 

Ces groupes ne
sont pas des
partis de
gouvernement

Le point commun de tous ces groupes c'est que ce ne sont pas des partis de gouvernement. Le PCF est un parti qui reste communiste, qui n'a pas changé d'appellation, qui n'a pas suivi l'évolution de la majorité des communistes italiens par exemple, mais néanmoins, ce parti veut participer au gouvernement depuis longtemps et surtout il a besoin pour survivre sous sa forme actuelle, d'une alliance permanente avec le PS. Ce dernier lui donne, en clair, des maires, des conseillers municipaux, des conseillers régionaux, des députés et les temps étant difficiles,c'est là un moyen de financer le parti que d'avoir des élus.

 

Les motivations du PCF pour se rapprocher des autres mouvements de l'extrême gauche reposent sur le fait que, depuis la chute de l'union soviétique et le rétrécissement de l'influence communiste, des facteurs importants favorisent le rapprochement des différentes sensibilités communistes. A cet égard, il ne faut pas oublier que les trotskistes sont des communistes. Il n'y a plus, d'une part, d'exclusive des communistes contre les trotskistes et, d'autre part, les trotskistes, du moins ceux de la LCR ont toujours voulu être reconnus comme communistes par le parti. Tout cela tend donc vers un rapprochement malgré tout.

Pourquoi, finalement, tous vont faire campagne de leur côté ?

A mon sens, ce ne sont pas les dissensions entre trotskistes et staliniens qui vont pousser ces formations à faire campagne en solitaire. C'est tout simplement la convergence entre les deux logiques d'appareil qui sont présentes dans le PC. Pour faire simple, au sein du PC il existe deux courants : d'une part, un courant minoritaire mais influent qui fait un bilan négatif des participations gouvernementales et qui trouve que le parti a davantage perdu que gagné. La ligne est relativement dure et cela passe par l'affirmation de l'identité communiste, cela signifie également ne pas soutenir, par exemple, Clémentine Autain ou José Bové. D'autre part, le courant majoritaire qui, sans devenir social démocrate, veut continuer son action avec le PS. Cette aile communiste a besoin de la candidature de Mme Buffet car comme on l'a vu, la candidature de Marie-George Buffet c'est ce que veulent les socialistes. Je suis convaincu des négociations entre communistes et socialistes. Ces derniers ont fait comprendre qu'ils trouveraient très mal venu l'engagement du PC dans une opération électorale qui ferait perdre des plumes importantes à leur grand allié.

 

Ce sont deux raisons convergentes provenant des deux bords du PC pour que ça ne marche pas. La seule chose qui pourrait changer c'est si Besancenot n'avait pas ses signatures, la LCR pourrait alors décider de jouer la voie d'une candidature unique. Ce cas de figure est encore envisageable.

Que deviennent les reports de voix ? Quel positionnement devrait adopter la candidate socialiste si elle était au second tour ?

Elle n'a pas beaucoup de difficultés de ce côté-là si elle est au second tour. Le problème serait important s'il y avait un vote considérable pour un candidat d'extrême gauche - même si on n'en prend pas le chemin.

 

A noter que les concessions essentielles sont en partie déjà faites. C'est simplement le fait que le parti socialiste a déjà un certain discours antilibéral et un programme qui, certes ne satisfait pas l'extrême gauche, mais qui lui a permis d'agglomérer le parti de Chevènement, le MRC, et de celui de Taubira, le PRG.

 

A ce titre, Jean-Pierre Chevènement a estimé qu'il n'avait pas fait tant de concessions que cela car le discours européen de Ségolène Royal est très infléchi par rapport à ce qu'il pouvait être autrefois.

 

Elle sera, sauf catastrophe, au second tour et fera un meilleur score que Lionel Jospin avec aussi un score plus bas de l'extrême gauche. Les motivations des électeurs de l'extrême gauche ne sont pas tout à fait les mêmes que celles des militants de l'extrême gauche. Ce qu'il y a d'électeurs populaires dans l'extrême gauche est tout aussi sécuritaire que les autres électeurs populaires et peut voter pour Ségolène Royal au 2nd tour, alors que les dirigeants et les militants d'extrême gauche font du combat contre l'idéologie sécuritaire leur priorité absolue.

 

Ce report des voix de l'extrême gauche à la faveur du PS sera, éventuellement, un problème politique si elle parvient au pouvoir mais je ne crois pas que ce soit une difficulté électorale très considérable.

Le contexte actuel est principalement centré sur les sujets économiques et sociaux. Ce contexte est-il porteur électoralement pour l'extrême gauche ?

Le contexte
est porteur
idéologiquement

Le contexte est porteur idéologiquement pour l'extrême gauche. Toute la classe politique admet que tous les droits fondamentaux sont à mettre sur le même plan et doivent relever du même type de garanties. Les libertés se garantissent facilement, les droits sociaux se garantissent moins facilement. Ainsi, le droit au travail c'est le fait que si vous n'avez pas de travail, vous avez droit à une indemnité de chômage. Or, aujourd'hui, concernant le logement, on nous dit que le droit au logement ça doit être le droit au logement. En fait, on ne peut pas aller vers ça et on n'ira pas vers ça. Néanmoins, on donne quelque chose qui est un gage considérable à l'idée qu'il y a une sorte d'homogénéité fondamentale de tous les droits fondamentaux. Ce qui était en 1948 la thèse soviétique est aujourd'hui encore la thèse du parti communiste chinois.

 

Idéologiquement, c'est sans doute un peu une victoire de la gauche radicale. Le passage de l'idée qu'il faut avoir des politiques de logement favorables au logement à l'idée qu'il y ait un droit au logement garanti, ça n'est évidemment pas une victoire de l'extrême gauche la plus dogmatique telle que défendue par Arlette Laguiller, mais c'est assez la vision du monde d'ATTAC.

 

Est-ce bon électoralement ? On ne sait pas finalement. Parce que cela veut dire que les partis officiels prennent cela en compte et font des promesses. Il faut savoir qu'il y a ceux qui votent d'extrême gauche de toute manière et ceux qui pensent que les partis traditionnels peuvent répondre à ces demandes. Je pense que c'est culturellement une victoire et électoralement neutre sur cette affaire du droit au logement notamment.

Cet éclatement à la gauche de la gauche ne préfigure-t-il pas les difficultés pour voir élus des parlementaires aux élections législatives ?

De toute manière, même s'il y avait unité, l'extrême gauche n'est pas bonne dans les élections parlementaires compte tenu du suffrage majoritaire à deux tours. Pour avoir des parlementaires, il faut arriver à avoir 50% au deuxième tour et il faut pour être à ce second tour obtenir 12,5%. Même avec une candidature unique, ils n'ont même pas les conditions légales pour être au deuxième tour. Je crois donc que cela ne change pas grand-chose de ce point de vue là.

 

Par ailleurs, si on avait un peu de proportionnelle, ce qui n'est pas le cas actuellement, peut-être verrions nous des regroupements au sein de la gauche de la gauche pour avoir des députés.

Quid de José Bové dans cette course à l'élection présidentielle ?

José Bové a
une bonne image

J'ai toujours pensé que José Bové aurait été le meilleur candidat possible pour l'extrême gauche. Plusieurs raisons à cela, c'est un homme éloquent, connu, qui passe pour n'être pas un homme politique mais qui est un syndicaliste. Il a une bonne image et je pense que s'ils avaient d'emblée tous fait campagne pour José Bové, paradoxalement, il aurait pu faire un tabac.

 

En même temps, on voit bien chez lui que c'est un homme assez rusé, qui devrait être candidat que pour faire un bon score ou pour prendre date. Cela signifie pour lui d'abandonner son aura de prophète paysan pour récolter uniquement 3% des voix. Il s'était retiré parce qu'il avait senti ce qui se passait du côté du parti communiste et qu'il n'avait pas envie d'y aller. Il se dit sans doute qu'il peut encore apparaître comme un recours car il sera, si les cartes sont redistribuées, la meilleure alternative à Marie-George Buffet.

 

Pour lui, un autre problème se pose, qui est et rejoint la difficulté de Besancenot à recueillir ses signature : si ce dernier n'a pas ses signatures, tout peut alors être relancé.

 

Je trouve que le PS n'a pas beaucoup de savoir-faire dans ce domaine. Il a donné, tout le monde le sait, les signatures de Besancenot en 2002 ce qui lui a été fatal. Pour ma part je pense que les attaques à Chevènement sur ce point étaient absurdes. Il ne faut pas dire que c'est Chevènement qui a fait perdre le PS quand soi même on met sur le marché Christiane Taubira et Olivier Besancenot. C'est ce qu'avait fait le PS à ce moment là et c'était un mauvais calcul. Aujourd'hui, la tendance est inversée. Le PS aurait plutôt intérêt à voir une candidature Besancenot.

 

Imaginez que ni Besancenot ni le Pen n'aient leurs signatures alors là on aurait beaucoup d'électeurs qui seraient dans la nature. Il y aurait peu d'électeurs de le Pen qui voteraient Besancenot mais Bové pourquoi pas, s'il parle de la France, de la nature...

 

 

Propos recueilis par Sébastien Zriem

Analyses TNS Sofres

Carine Marcé
Directrice associée du dpt Stratégies d'opinion
 
Emmanuel Rivière
Directeur du dpt Stratégies d'opinion
 
Guénaëlle Gault
Directrice du dpt Stratégies d'opinion
 
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